enfantine

2005-7-15 enfantine
15.7.2005 – enfantine

 

Ses escaliers sont en carton et sa maison est en papier…

Sauter carrément les yeux joints dans la flaque du papier sans s’emmêler les pinceaux pour qu’éclaboussures et traits d’humeurs fassent de l’onde aux protubérances colorées comme aplaties d’avoir chuté vers le bas bord de la pesanteur ne paraissant trouver d’autre recours que la glissade amortie par la courbe d’une forme rebondie singularisée grâce au hasard des taches et des points et s’orientant dans le blanc telle une bulle de nez au vent qui s’ébouriffe moufles et mitaines dressées comme de petites silhouettes dodelinantes de petons peut être de bottons lançant une balle vers l’hypothétique azur quand l’eau en pluie goutte à goutte distille les teintes et rend précaire le revêtement du terrain de jeu où débutent les prolongations d’un scratch amical qui offre alors aux éventuels pupilles patineuses l’occasion de s’ébaudir devant ce qui paraît l’ultime figure jaune et libre d’un acrobatique poussin parente esquisse de l’œuf miroir un tantinet baveux qu’un devin presque chauve dissèque pour en extirper l’onctuosité où se cristallise la densité d’un instant de concentration enfantine qui toujours convertit des palettes d’épi-phénomènes en synapses systémiques pour circonscrire le temps dans les plus petits des espaces et mettre entre parenthèses les synecdoques du calendrier avec les théorèmes encyclopédiques de la dent de lait afin d’appliquer des équations aux quadratures de cercles digérées dans la panse de l’idée avant même qu’elle ne se révèle à l’esprit des lieux vrillé comme une figurine de boite à musique mal chevillée surgissant à l’extrémité de son ressort pour accompagner la mélodie d’un grésillement perceptible de rouages d’horlogerie similaire au cliquetis du mécanisme d’ouverture des portes de l’antique coucou suspendu au mur du chalet quand apparaît l’oiseau des heures fixes qui ne seraient plus tout à fait les mêmes si la cavalière chavirait de sa monture sur l’illustration du salon qui à cause des courants d’air se déchausse de son clou en produisant ce son mat mais bruissant que fait le ballon lorsqu’il atterrit dans la haie du jardin et tenter de dessiner cette sonorité-là et toutes les comptines à main levée et tendue vers des harmonies d’aurore chinoise où se dissipent les rumeurs en écho de rocs lointains liquidés puis absorbés par le diaphane équilibre entre ce qui naturellement suppose un souffle d’instinct et ce qui effectivement prédispose au soufflet de l’instant parce que la chute et l’envol simultanés d’une baudruche ceinte de bolduc et assortie de confettis intempestifs amorce une poussée de résistance contre le parti acnéique de la majorité proliférante engageant un mouvement orbital qui n’est peut-être que la révolution d’un soleil irrégulier autour d’un monde enneigé voire la progression concentrique et nébuleuse d’une astreinte autour du cortex d’un libre penseur armé de la sobriété des haïkus contre l’emphase des académies pour remiser à l’arrière boutique plasticienne le formalisme et le verbeux ainsi que tout ce qui excède l’espace d’un sac à dos de son obédience au spectaculaire car fi ici des grandiloquents évènements tandis que souvente foix l’arabesque s’épaissit et se gonfle comme le poumon d’un cartoonesque embryon et s’infléchit pour l’intérêt du tracé et pour son dynamisme en chandelle retournée à la manière d’une crêpe de quatre heures pattes en l’air à demi-moignons à demi-palmées qui ergotent et s’attifent de bonnets et de pompons ne serait-ce qu’à dessein de subterfuge pour échapper à l’acidité spirituelle d’un citron qui rêve d’un devenir orange quand la passion des fruits se confond à papaye dans l’œil de la soupe bouillonnante qui fait grandir avant la saison des mariages de parfums que répandent comme une déclaration les boules de sorbet en fondant plus ou moins vite selon l’effet de la température ambiante pour s’écouler en petites rigoles marbrées dans le pré de l’assiette entre les troncs des crayons qu’une juvénile atmosphère enrobe d’habits de carnaval en poils de martre ou petit-gris essaimant leurs paillettes aquarellées comme Poucet ses miettes de pain sur les pentes des sentes charmeuses et friandes de promeneurs contemplatifs égarés comme dans un labyrinthe dont on ne possède que la clef des songes.

… Il était un petit homme, pirouettes, cacahouètes. Il était un petit homme qui avait une drôle de maison.

 

Texte d’Emmanuelle Le Pogam à propos de : 15.7.2005 – enfantine

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>